écrivains, édition en France : tout sur le pilon

"festival du livre" par dérision : chaque année en France 100 millions de livres sont envoyés au pilon

Oui, en France : CENT MILLIONS de LIVRES sont détruits, sous le beau nom de PILON (une rime pauvre à édition !)

Pour la dignité des écrivains : Le site de lutte contre le pilon (également une raison de passer au numérique...)

Manifeste du mouvement STOP PILON :
Solutions pour le respect des livres, la disparition du pilon.
(avant le passage au tout numérique !)
Le forum sur les livres et écrivains (devenu Zone de libre expression )



Edition et pilon en France : des livres par millions (100)

Quand l’actualité littéraire manque de sujets, les chroniqueurs installés prennent parfois leur plus belle plume pour dénoncer une conséquence de l’édition à la française : chaque année une centaine de millions de livres sont pilonnés.
Pilonner : terme traditionnel pour signifier la destruction d’un livre invendu.
Naturellement, ces chroniqueurs dressent un tableau apocalyptique mais évitent de dénoncer les causes. Ils ne peuvent pas ! Ils vivent de ce système.
En moyenne, 500 millions de livres imprimés chaque année en France dont 400 millions vendus et 100 millions détruits.
Et tout le monde de ce petit monde subventionné est finalement content : les auteurs peuvent publier même leurs mauvais livres, les éditeurs ont des chiffres pour éviter de verser des droits d’auteur décents, les libraires et grandes surfaces font leur beurre, comme les distributeurs.
Certes, les lecteurs se plaignent parfois du prix élevé (avec une TVA à 5.5% l’état ne peut servir de bouc-émissaire) et d’une qualité nothombienne.
Ne comptez pas sur ces chroniqueurs installés pour proposer des solutions.

le pilon

L'écrivain iconoclaste Thomas de Terneuve a publié Le pilon, ce que nous en savons (Des millions de livres détruits sur ordre des éditeurs). Ce livre est disponible en papier (non pilonné) : sur amazon à 8 euros ou en vente directe éditeur (le site de l'auteur).

En numérique à 2,99 euros : Immateriel (pdf + epub), amazon, itunes...

Un livre disponible en ebook à tarif correct par le militant des prix décents pour le livre numérique.

A Lire de toute urgence...

Un livre également soutenu par le portail de l'auto-édition. Accéder à auto-edition.com, l'historique site de l'auto-édition, à ne pas confondre avec le compte d'auteur, n'est-ce pas monsieur Arnaud Nourry ! ( auto-édition et Arnaud Nourry)


Libération du 18 janvier 2005 « On achève bien les bouquins », où Edouard Launet raconte sa visite à Villeneuve-le-Roi, à un énorme broyeur de livres qui dévore 80 % du rebut de la production nationale. « 110 millions de livres finissent chaque année déchiquetés au pilon. Un cinquième de la production française... »
Illustré de photos de piles de livres dévorés : « grands rouleaux hérissés de marteaux pointus qui tournent inlassablement, explosant du papier dix heures par jour. »
« Quand la machine bleue a fait son office, la presse prend le relais. Elle compacte les fragments de pages et expulse des balles d’environ deux mètres cubes ceinturées de fil de fer. Ça se revend entre quinze et trois cent cinquante euros la tonne. »
Chiffres 2003 sûrement officiels : 533 millions de livres sortis des presses des éditeurs de l’hexagone, 423 millions vendus. 110 millions au pilon.

Dans l’Humanité du 22 janvier 2005, Régine Deforges rebondit, pérore sur « Le cimetière des livres »
Naturellement, ses premières lignes dressent un état des lieux connu mais qu’il est bon de rappeler par un auteur installé autorisé :
« Nous autres, écrivains, savons bien que la vie d’un livre est courte et que s’il ne trouve pas son public dans le mois qui suit sa sortie, il est condamné au pilon, c’est-à-dire à la destruction, pour laisser la place à d’autres. Quand on sait qu’un livre, pour ne parler que des romans, demande à son auteur entre deux et trois ans de travail quotidien, un mois pour le faire connaître, c’est peu. Quand on sait que, chaque année, l’édition française publie plus de cinq cents millions d’ouvrages dont plus de cent millions seront détruits, cela plonge l’écrivain dans un profond malaise. »
Admirons le fatalisme du « Nous autres, écrivains, savons bien ». Comme si cette dérive relevait d’une convention collective du gribouilleur.
Elle apporte aussitôt une vision très humaniste (nous sommes dans l’Humanité !), celle de millions de lecteurs potentiels, qui seraient ravis de recevoir ces livres, pour aussitôt, naturellement, la balayer au nom des réalités :
« À cela, les éditeurs rétorquent qu’envoyer des livres dans les pays pauvres coûterait plus cher encore que de les stocker ; d’où la nécessité de les détruire. » Logique ! Tout est vraiment pour le mieux dans le meilleur du tout-Paris (et en plus, Régine Deforges fut payée pour une telle analyse).
Puis elle s’intéresse à son microcosme :
« Dans le milieu éditorial, on ne voit pas la solution. « Publiez moins », disent les critiques envahis, chaque jour, par les services de presse des nouveautés. »
Elle cite, c’est très instructif, une déclaration du Syndicat National de l’Edition : « Le pilon, ce n’est ni négatif ni scandaleux. C’est au contraire un régulateur nécessaire du secteur. » Ah ! Si un syndicat a dit, l’Humanité approuve !
Vous croyez peut-être que le pilon concerne uniquement la production industrielle rédigée par des nègres pour des stars ?
En 1997, Julien Green envoie deux lettres recommandées chez Fayard, dénonce ses contrats et récuse son « agent général ». L'écrivain reproche à son éditeur un trop grand nombre d'exemplaires envoyés au pilon (et des tirages inférieurs au minimum fixé, 5 000).
Son fils adoptif poursuivra la procédure après sa mort en août 1998. Le 26 mai 1999, premier jugement : Fayard perd ses droits sur l'oeuvre de Green (et condamnation à 100 000 francs de dommages et intérêts). L'éditeur interjette appel... et obtient gain de cause ! Le 20 décembre 2000, Jean-Éric Green est débouté de toutes ses demandes ! Son pourvoi en cassation ne donnera rien : notre juridiction suprême tranche définitivement, en 2001, en faveur de Fayard.

Les syndicats, la justice, les écrivains fatalistes, c’est l’unanimité. Mais un auteur qui accepte le pilonnage de ses livres ne mérite pas d’être lu.
Cette sentence n’est nullement de Jérôme Garcin ! Il semble d’ailleurs ignorer les articles cités ! Dans le Nouvel Observateur du 21 septembre 2006, son édito débute par : « C’est le grand tabou de l’édition française. Tout le monde sait qu’il existe mais personne n’ose en parler. Il faut imaginer une sorte de monstre du loch ness aux mâchoires gigantesques et à l’appétit inextinguible. Cet ogre masqué engloutit 100 millions de livres par an. »
Son constat est une simple réaction d’actualité : « il faut savoir que, sur les quelque 700 romans qui viennent de paraître, la majorité est promise à l’enfer du pilon. »
Une simple chronique d’un roman intitulé « le pilon » de Paul Desalmand. Mais aucune proposition de réforme.

La solution existe pourtant : le refus du pilon par l’auteur qui prévoit, par contrat, la condamnation de son éditeur à dix fois le prix de vente par livre envoyé au pilon.
Ce n’est pas réaliste, je sais ! L’auteur est tellement heureux de signer...
D’où le rôle du législateur : les parlementaires peuvent aisément guérir le monde du livre de sa maladie du pilon... en s’inspirant de la chanson !

Une société de pressage (reproduction CD, DVD, cassettes, vinyle...) est autorisée à lancer la fabrication uniquement si elle a reçu l’autorisation SDRM (société du droit de reproduction mécanique).
La SDRM collecte les sommes destinées aux ayants droit, reversées par la sacem. Environ 8% du prix de vente.

S’inspirer et non copier ! Inutile de créer une société... SACEM-SDRM ingurgitent environ 20% des droits. Il suffit d’un formulaire où l’auteur atteste avoir perçu ses droits pour X exemplaires.
Avec un tel procédé, les éditeurs hésiteraient à fabriquer des livres uniquement pour remplir les tables et rayons !

Oui, le producteur de musique verse les droits d’auteur avant de fabriquer le support, donc avant de vendre (les ventes par souscription sont marginales). Les éditeurs s’indigneront, hurleront qu’on veut tuer une activité « déjà sinistrée », qu’elle a besoin d’aides, de subventions, et non de cette « mauvaise chanson »...
Editer une carte postale ? En France, chaque année, les éditeurs envoient cent millions de livres au pilon. Pour guérir le monde de l’édition de sa maladie du pilon, inspirons-nous de la chanson : comme le producteur d’un album doit attester avoir versé les droits d’auteur avant la fabrication, que l’éditeur paye les écrivains sur le nombre d’exemplaires imprimés.

Vos commentaires :

Votre avis sur cette page festivaldulivre.info

- le 20 octobre 2012 à 15 : 33
par Carlo : je suis d'accord avec vous, c'est un scandale que 100 millions de livres soient envoyés au pilon chaque année


autre chronique : la librairie en France .

Débat : le livre numerique est notre avenir...
- Quelques liens et contact (pour toute action coordonnée envers le législateur et autres)
- sites pour et d'écrivains.